Un vaccin contre la grippe aviaire
Au terme d’une réunion deux jours à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour évaluer les progrès réalisés dans la mise au point de vaccins contre la grippe pandémique, les experts ont fait état de résultats encourageants. Ce vaccin contre la grippe aviaire chez l'homme pourrait être mis au point en trois mois.
«Les progrès sont encourageants. Un vaccin contre le H5N1 pourrait être mis au point en trois mois une fois que la souche du virus aura été identifiée», a déclaré vendredi à la presse le professeur Gust, président de la réunion, cité par info.rsr.ch.
Toutefois cela dépendrait du lieu où la mutation du virus se produirait. Malheureusement, l'OMS souligne que manque des capacités de production suffisantes pour répondre à la demande de vaccins en cas de pandémie. Pour information, la capacité actuelle est de 400 millions de vaccins pour les trois doses du vaccin contre la grippe saisonnière.
La grippe aviaire est une infection provoquée par des virus grippaux de type A, et en particulier les sous-types H5, H7 et H9. C’est une maladie virale proche de la grippe, rencontrée chez les oiseaux sauvages ou domestiques. Cette affection est transmissible entre volatiles et plus rarement à des mammifères. Les virus de la grippe aviaire peuvent exceptionnellement être transmis à l'homme. Cette transmission s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d'animaux infectés. Les virus de la grippe sont des virus à ARN qui mutent spontanément et fréquemment. Ce faisant certains virus peuvent éventuellement devenir capables d'infecter d'autres espèces que des oiseaux. Mais le passage de virus de l'oiseau à l'espèce humaine ou à d'autres mammifères est jugé exceptionnel.
Le H5N1 désigne un groupe de sous-types de virus grippal dont certains sont hautement pathogènes, responsables de la grippe aviaire. La première apparition connue de ce type de grippe chez les humains était à Hong-Kong en 1997. L’infection des humains a coïncidé avec une épizootie de grippe aviaire, causée par le même agent infectieux, dans les élevages de poulets à Hong-Kong. A ce jour, ce virus ne contamine que rarement l’Homme, mais avec un taux de mortalité très élevée. Il semble s’être endémisé en Asie et présente donc un risque croissant d’humanisation par mutation pour des populations exposées professionnellement, ou vivant de façon intime avec des oiseaux.
La transmission de l’animal à l’Homme
Le virus de la grippe aviaire de type A (H5/N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme comme c’est le cas depuis janvier 2004 en Asie. La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. Cette situation est très commune an Asie où les hommes, des villageois essentiellement, vivent intimement avec des poulets d’élevages. Cependant la transmission peut se faire de façon directe ou indirecte, par l’intermédiaire des surfaces et/ou des mains souillées par les déjections.
La transmission interhumaine
La transmission inter-humaine du virus H5N1 a été formellement confirmée le 23 juin par l’OMS. C’est une mère de famille, infectée par des volailles malades, qui a contaminé par sa toux plusieurs membres de la famille vivant dans la même pièce. Mais ce n’etait pas la première fois qu’une transmission d’homme à homme a eu lieu et il faut se souvenir que le 28 septembre 2004, l’OMS avait annoncé un cas probable de transmission d’humain à humain en Thaïlande du sous-type viral A (H5N1). Cependant cela ne veut pas dire que le virus s’est humanisé, on sait seulement que le virus peut s’adapter à l’homme soit en passant par le porc en prenant au passage des gènes aux virus qui infectent le porc, soit plus directement en choisissant des virus qui infectent l’homme.
Épidémiologie des cas d'infection humaine selon l’OMS
« Le nombre de nouveaux pays notifiant des cas humains est passé de 4 à 9 après octobre 2005, suite à l'extension géographique des flambées dans les populations aviaires. La moitié des cas se sont produits chez des sujets de moins de 20 ans, 90 % chez des sujets de moins de 40 ans. Le taux de létalité général s'établit à 56 %. Il est élevé dans toutes les tranches d'âge et maximal chez les sujets de 10 à 39 ans. Le taux de létalité général a été le plus élevé en 2004 (73 %), suivi de celui en 2006 jusqu'à ce jour (63 %) et de celui de 2005 (43 %). Des cas se sont produits tout au long de l'année. Néanmoins, pour chacune des trois années où l'on a observé des cas humains, l'incidence a atteint un pic au cours de la période correspondant à peu près à l'hiver et au printemps de l'hémisphère nord. Si cette tendance venait à se confirmer, on pourrait s'attendre à une recrudescence des cas à la fin de l'année 2006 ou au début de 2007 ».